TAG
peinture Glycéro noir
304,7×391,5 cm
2009
FOX
tirage lambda
100×75 cm
2009
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TAG
La nature morte peut aller loin dans la sophistication.
L’accumulation oblige le regard à s’attarder sur la composition pour y distinguer chaque chose et la nommer, alors même que certaines formes communes passent inaperçues dans notre quotidien. La délectation pour le détail insignifiant joue et concourt à provoquer l’illusion et le trompe-l’œil. Ici, nous utilisons une typographie de devanture de commerce, qui utilisée localement, devient un objet de contemplation.
Suite à entracte 1, nous réalisons une intervention en vitrine peinte à la main, pour redécouvrir le plaisir de confectionner manuellement une image. Cette combinaison de mots systématiquement répétés, s’enrichit par le geste et les irrégularités de l’acte peint. La matière et les traces du pinceau, les gouttes dans les lettres contrastent et participent à notre travail de reproduction, se rapprochant d’une découpe vinyle. Cette peinture sur vitrine, TAG, crée un passage entre nos problématiques de designers graphistes ; mise en espace, signalement, lisibilité, communication et une approche liée à l'espace d'exposition.
entracte a été pensé à l’origine comme un lieu sans permanence. Pour ce dernier entracte, nous avons fait le choix d’intégrer sur un seul même plan, les différentes strates qui peuvent composer une exposition, rappelant du même coup la place centrale de la conception éditoriale dans notre approche plastique et conceptuelle.
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«En anglais, ce mot est tout à la fois un substantif et un verbe-détail qui caractérise bien, de façon générale, l’esprit de la langue anglaise. En tant que substantif, il signifie entre autres choses «projet, plan, dessein, intention, objectif», mais aussi «mauvaise intention, conspiration», ainsi que «forme, configuration, structure fondamentale», toutes ses significations et d’autres encore étant liées aux idées de «ruse» et de «perfidie». En tant que verbe — to design — il veut dire notamment «manigancer, simuler, ébaucher, esquisser, donner forme», et «procéder de façon stratégique». (...)
Le diminutif d’ars est articulus, «petit-artifice», qui désigne une articulation, un dispositif qui permet à quelque chose de tourner autour de quelque chose : le poignet, par exemple. C’est pourquoi ars signifie à peu près «souplesse, habileté manœuvrière», et le mot artiflex, artisan, artiste, veut dire avant tout charlatan. L’artiste par excellence, c’est le prestigitateur. Tout cela apparaît clairement à travers des mots comme artifice, artificiel, et même artillerie. En allemand, les mots parlent d’eux-mêmes : l’artiste, c’est l’homme d’un savoir-faire, le substantif (Künstler) étant dérivé du verbe (können); or l’art a recourt lui aussi à l’artifice. »
Vilèm Flusser
Petite philosophie du design
édition Circé

Photo : Bertrand Stofleth

Photo : Bertrand Stofleth

Photo : Bertrand Stofleth

Photo : Bertrand Stofleth

Photo : Bertrand Stofleth

Photo : Bertrand Stofleth

Photo : Bertrand Stofleth
